29/05/2007
Idéal baudelairien
Idéal baudelairien
Qu'entendons-nous par idéal baudelairien ? (Il semble que des gens qui viennent consulter ce blog ou site se le demandent). Il s'agit d'un idéal de force et de beauté (voir vers la fin de Délires, II. Alchimie du Verbe). Tout cela est expliqué dans les opuscules d'Alain Dumaine que nous diffusons, en particulier dans Rimbaud ou le renoncement à l'idéal baudelairien et dans Rimbaud et les formes monstrueuses de l'amour. Ces ouvrages montrent comment Rimbaud a compris (et bien compris)
"Les charmes de l'horreur n'ennivrent que les forts !" (Danse macabre)
et
"De tes bijoux l'Horreur n'est pas le moins charmant" (Hymne à la Beauté).
Pour tenter de résumer (en simplifiant à l'extrême) cette question complexe, rappelons que pour Rimbaud, les poètes, créateurs de Beauté, doivent être des "horribles travailleurs" (lettre dite du voyant) et renvoyons à la compréhension, qu'a donnée Alain Dumaine, de la dédicace des Paradis artificiels. La femme est un paradis artificiel, l'amour est analogue à une "drogue redoutable", et Rimbaud a trouvé "quelque chose comme la clef de l'amour" (Vies, II). Mais, dans Une Saison en Enfer, Rimbaud renonce finalement à rêver "amours monstres et univers fantastiques" (amours monstres comme celui des Femmes damnées, c'est pourquoi Rimbaud écrit : "J'ai vu l'enfer des femmes là-bas"). Bien évidemment, Rimbaud a finalement renoncé à l'idéal baudelairien, comme nous l'avons montré dans nos essais et dans les numéros de notre revuette. Ce renoncement s'exprime encore dans Départ ("Assez vu"). Rimbaud renonce à la vision et à être un voyant. (Voir sur ce point notre numéro 154, Royauté ou la conclusion des Illuminations).
"Tu resteras hyène, etc." se récrie, au début d'Une Saison en Enfer, le démon qui couronna Rimbaud "de si aimables pavots". Alain Dumaine a reconnu dans ces pavots une double allusion aux Paradis artificiels et aux Fleurs du Mal. En renonçant à cette couronne et à cette royauté baudelairiennes, Rimbaud renonce à être le second voyant et à continuer à réaliser l'idéal baudelairien.
12:40 Publié dans Rimbaud | Lien permanent | Commentaires (0)
Les commentaires sont fermés.