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01/03/2006

Claudel et Rimbaud

Les trois premiers numéros indiqués dans la note précédente (du 18 février 2006) (et suivante dans l'ordre de lecture de haut en bas) sont disponibles au 1er mars 2006. Le numéro Rimbaud et la Modernité : science, sagesse et progrès sera disponible d'ici trois semaines ou un mois environ.

16:45 Publié dans Rimbaud | Lien permanent

18/02/2006

Claudel, Rimbaud, etc., nouveaux numéros.

A paraître en mars 2006, nos nouveaux numéros :

Claudel récupérateur de Rimbaud (numéro 140, triple, 2,55€)

Rimbaud et la critique depuis Etiemble (Antoine Fongaro répond aux questions de Maurice Hénaud). Numéro 2 de notre série complémentaire, double, 1,70€.

Un double pied de nez au Temps! - Gabriel Le Gal, Poèmes. Triple, 2,55€.

En préparation:

Rimbaud et la Modernité : science, sagesse et progrès.

La "sagesse nouvelle" est celle de l'Ecclésiaste moderne qui crie :"Rien n'est vanité; à la science, et en avant !" N'en déplaise à Verlaine, pour qui Rimbaud est un "imbécile" (Sagesse, I,IV), Rimbaud est un partisan de la science; alors que la "sagesse" de Verlaine est ancienne (voir Sagesse, I,XI). Assurément, Verlaine n'était pas positiviste !

Je rajoute ce qui suit le 28 février 2006 :

Le site

http://abardel.free.fr

cite notre revuette dans sa rubrique Rimbaud sur la Toile>Revues rimbaldiennes (en fait : Rimbaud sur la toile>articles publiés sur le "net littéraire", corrigé le 6 mars 2006):

"Christian Moncel et autres (...) Ce blog dédié à la poésie... et à bien autre chose (sic) consacre de nombreux articles à Rimbaud."

C'est très gentil. Mais je suis un peu étonné. C'est très bien que le site d'abardel mentionne Alain Dumaine à propos de l'introduction d'Une Saison en Enfer. Mais, de notre point de vue, Rimbaud renvoie encore à Baudelaire dans beaucoup d'autres passages d'Une Saison en Enfer, et en particulier dans la conclusion : l'"éternel soleil" ("cette après-midi qui n'a jamais de fin", dans Le Voyage, de Baudelaire), les "vieilles amours mensongères" (L'Amour du Mensonge, de Baudelaire), "- j'ai vu l'enfer des femmes là-bas -" (Femmes damnées, Delphine et Hippolyte, de Baudelaire).

(...) (La suite plus tard, ou dans notre numéro en préparation. - Maurice Hénaud. 

13:40 Publié dans Rimbaud | Lien permanent

14/01/2006

Rimbaud et la modernité : une modernité positiviste

(ébauche d'article revue le 15 janvier 2006 à 14h15)

(...)

Etiemble a insisté à juste titre sur l'importance que la science, dans Une Saison en Enfer, a pour Rimbaud. D'autre part, il a eu le mérite de voir que Rimbaud, dans ce même ouvrage, assimile les anachorètes aux artistes, et les artistes aux prêtres. Alain Dumaine a repris, développé et précisé ces idées et, en les complétant ou en les corrigeant par ses propres analyses, il a montré qu'après avoir été le véritable successeur de Baudelaire (et le seul qui l'aurait vraiment compris), RImbaud, dans Une Saison en Enfer, a dit adieu à la fois au christianisme et à l'idéal baudelairien.

Dans la charité telle que Rimbaud la conçoit, Alain Dumaine ne voit pas du tout la charité chrétienne, mais l'amour positif avec lequel l'auteur d'Une Saison en Enfer cherche à refaire sa vie.

A Pierre Brunel, pour qui la vérité de Rimbaud n'est "assurément pas celle des positivistes" (1987), Maurice Hénaud, admirateur d'Alain Dumaine, a récemment répondu en essayant de montrer que si Verlaine, assurément, n'était pas positiviste, Rimbaud au contraire était un des plus grands adversaires du christianisme qui aient jamais existé. (voir ici même Rimbaud, homme de progrès, etc.)

(...)

Mais d'abord, en quel sens Rimbaud est-il un positiviste, c'est-à-dire un partisan de la science ?

Immédiatement après l'introduction d'Une Saison en Enfer, le positivisme de Rimbaud (ou ce que j'appelle ainsi, et peut-être non sans raison) éclate dans la première phrase de Mauvais sang : "J'ai de mes ancêtres gaulois l'oeil bleu blanc, la cervelle étroite et la maladresse dans la lutte." Rimbaud note les caractères biologiques de la race, à l'inverse de Madame Rimbaud mère qui idéalise le sang de ses ancêtres comme "bon". Eh bien, est-ce que Tchékhov, médecin et non chrétien, ne reprochait pas à Tolstoï de ne pas tenir compte des données de la biologie ?

Rimbaud reproche également aux chrétiens de ne pas tenir compte des données de l'histoire. Puisqu'il existe, selon lui, une "marche des peuples" (Matin), comment comprendre le progrès du peuple gaulois, peuple qui n'était à l'origine pas particulièrement favorisé, ni par la nature, ni par un développement culturel important ? Faut-il l'expliquer par la rêverie selon laquelle la France aurait été la "fille ainée de l'Eglise" ? Au contraire, le développement du peuple gaulois, loin d'avoir été favorisé d'une manière quelconque, n'aurait-il pas été tout à fait semblable à celui des autres peuples européens ? "Pas une famille d'Europe que je ne connaisse. - J'entends des familles comme la mienne, qui tiennent tout de la Déclaration des Droits de l'Homme. - J'ai connu chaque fils de famille!" Les peuples européens ont progressé notamment grâce aux sciences, à la "médecine" et à la "philosophie" (ne seraient-elles pas, tout de même, supérieures aux "remèdes de bonnes femmes" et aux "chansons populaires arrangées" ?) Le peuple, race inférieure, s'est réapproprié "les divertissements des princes et les jeux qu'ils interdisaient", les sciences telles que "géographie, cosmographie, mécanique, chimie!..." Grâce aux sciences notamment, les peuples ont commencé à se libérer de l'oppression (qui fut longtemps celle des Seigneurs et de l'Eglise).

Revenons sur les fils de famille. Est-il bien vrai que, bien qu'ils doivent tout à la Déclaration des Droits de l'Homme, aucun ne veuille travailler ? Les fils de famille, tous des artistes, comme Rimbaud ou Gautier, oisifs comme le crapaud sous les pierres ? (Voir à ce sujet Rimbaud et les formes monstrueuses de l'amour (d'Alain Dumaine), Le Nouvel Onuphrius, pages 44 et 45) Ou bien, au contraire, comme il est dit plus loin dans Une Saison en Enfer, tous, ou presque tous, fils de famille compris, crieraient-ils ensemble, avec l'Ecclésiaste moderne : "A la science, et en avant!" Dans cette hypothèse, ce ne serait alors qu'une toute petite minorité d'individus (des fils de famille, effectivement, Gautier, Baudelaire, Rimbaud lui-même peut-être à un certain moment, quelques autres) qui ne croiraient pas au progrès, ne travailleraient pas, et s'adonneraient à l'art. En somme, les artistes à la manière de Gautier ou de Baudelaire, ne formeraient-ils pas une catégorie spéciale de gens qui resteraient en arrière ?

Le positivisme de Rimbaud n'est évidement pas un scientisme, mais un positivisme critique. L'auteur d'Une Saison en Enfer ne rejette pas la philosophie. (...)

En écrivant : "Il faut être absolument moderne", Rimbaud choisit le "Rien n'est vanité. A la science, et en avant!" de l'Ecclésiaste moderne, il écarte l'Ecclésiaste ancien, l'enfer (l'ancien), et la religion chrétienne, "cette goule reine de millions d'âmes et de corps morts" qui, il est vrai, menace de durer jusqu'au Jugement Dernier!

Je sais bien ce qu'on dira : malgré Etiemble et ses successeurs (nous autres), notre interprétation n'est pas la seule possible, et Paul Claudel, notamment...

Que répondre ? Je ferai simplement remarquer que cet écrivain, lui non plus, assurément, n'était pas positiviste!

Remarques en vrac :

(...)

Baudelaire, assurément, n'était pas positiviste. Je le range donc dans la même catégorie que Verlaine et Apollinaire (voir, ici même, l'article de Maurice Hénaud : Rimbaud, homme de progrès, etc.).

Mais Rimbaud ?

Rimbaud reproche justement à Baudelaire d'attendre de la femme idéalisée la guérison de son âme :

"Mon âme, par toi guérie,

Par toi, lumière et couleur,

Explosion de chaleur

Dans ma noire Sibérie" (Sisina)

Rimbaud, lui, dans Une Saison en Enfer, attend son salut du travail humain : "Le travail humain! C'est l'explosion qui éclaire mon abîme de temps en temps". (L'Eclair)

Maurice Hénaud a noté que, dans Matin, Rimbaud aspire à saluer non plus la beauté baudelairienne, mais "le travail nouveau", c'est-à-dire non pas celui des "horribles travailleurs", mais le véritable travail.

Selon moi, Maurice Hénaud a tout à fait raison de dire (en reprenant les conceptions d"Alain Dumaine), que le mot saluer (dans Matin) est une allusion à L'Amour du Mensonge de Baudelaire, puisque Rimbaud continue :

"Quand irons-nous (...) adorer (...) Noël sur la terre! Il ne s'agit plus d'adorer la beauté baudelairienne ("Masque ou décor, salut! j'adore ta beauté!"). Il s'agit d'aller adorer non pas un Noêl ou un paradis céleste (comme les chrétiens ou Baudelaire, dont le coeur "fuit la vérité"), mais l'avènement d'une réalité terrestre, positive.

Le matin apparaît encore, sous la forme de "l'aurore" annoncée, dans Adieu. Il s'oppose à l'"éternel soleil" du même chapitre, qui est le soleil de "cette après-midi qui n'a jamais de fin" (voir Le Voyage, de Baudelaire) (un soleil satanique, qui s'oppose à la "clarté divine").

(...)

Jean Donat.

 

17:25 Publié dans Rimbaud | Lien permanent