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23/08/2006

Rimbaud et la fortune chimique personnelle

Tiré de Rimbaud : des secrets pour changer la vie ? (à paraître) de Maurice Hénaud 

Rimbaud et la fortune chimique personnelle

Dans Mouvement, les voyageurs représentent les poètes qui voyagent dans l'inconnu. Il est donc compréhensible qu'ils soient 

"(...) chassés dans l'extase harmonique

Et l'héroïsme de la découverte"

Ils cherchent "la fortune chimique personnelle", c'est-à-dire la transmutation chimique ou alchimique de l'expérience en or poétique. Le poète, écrivait déjà Rimbaud dans la lettre dite du Voyant, "épuise en lui tous les poisons, pour n'en garder que les quintessences". Cette fortune chimique est personnelle parce que chaque poète crée du nouveau (ce que Rimbaud appelle ici la "nouveauté chimique") à sa manière propre, conforme à son tempérament personnel.

(...)

Dans Solde, les voyageurs ramènent, de leurs voyages dans l'inconnu, toutes sortes de richesses, c'est-à-dire de poèmes.

(...)

Qu'est-ce alors, dans Mouvement, que "les appareils" ? - Eh bien, les appareils dont se servent les poètes, par exemple le "baromètre spirituel" d'Hoffmann, cité par Baudelaire dans Le Poème du Haschisch (I Le Goût de l'Infini). Dans Du Vin et du Haschisch(I),  Baudelaire indique le fonctionnement de cet appareil : "Hoffmann avait dressé un singulier baromètre psychologique destiné à lui représenter les différentes températures et les phénomènes atmosphériques de son âme." etc. 

(...)

Il est vrai que les "comptes agités à ce bord fuyard" évoquent plutôt des commerçants que des poètes. Pourtant, s'il s'agit de la fortune chimique, les poètes ne doivent-ils pas faire leurs comptes ? 

20:45 Publié dans Rimbaud | Lien permanent

22/08/2006

Les élans mystiques de Rimbaud, et Claudel

Extrait d'un article (à paraître) de Maurice Hénaud : Rimbaud : une anti-religion dont Baudelaire est le Dieu.

Note complétée le 6 septembre 2006.

Les "élans mystiques" de Rimbaud, et Claudel

(...)

Dans Une Saison en Enfer, Rimbaud considère que son anti-religion de la poésie et la religion chrétienne sont la même chose, qu'il rejette :

"Les saints, des forts ! Les anachorètes, des artistes comme il n'en faut plus !"

Claudel haïssait le positivisme, et lui opposait la religion chrétienne.

Rimbaud, au contraire, dans le brouillon de Délires II, hait "les élans mystiques". A la fin d'Une Saison en Enfer, il choisit le positivisme, c'est-à-dire "la sagesse nouvelle" ("Rien n'est vanité ! A la science, et en avant ! crie l'Ecclésiaste moderne, c'est-à-dire Tout le monde").

Et dire que Claudel se croyait "uni à Rimbaud par les fibres le plus secrètes" !

Les élans mystiques dont parle Rimbaud sont évidemment radicalement différents des "élans de passion" (ou élans du coeur) de Musset, poète subjectif et "quatorze fois exécrable", dont il est question dans la lettre  dite du Voyant. Voir aussi la grande étude de Baudelaire sur Théophile Gautier (sur cette question, voir les ouvrages d'Alain Dumaine diffusés par notre revuette, ainsi que notre numéro L'émotion en poésie !)

Les élans mystiques de Rimbaud sont anti-chrétiens. Il s'agit du "très pur amour" dont il est question dans Matinée d'ivresse (la "petite veille d'ivresse" est dite "sainte"), très pur amour qui a décidé "d'enterrer dans l'ombre l'arbre du bien et du mal" et de "déporter les honnêtetés tyranniques" de la morale chrétienne (voir à ce sujet notre numéro 150, à paraître vers fin septembre 2006).

(...)

19:25 Publié dans Rimbaud | Lien permanent

Rimbaud et Baudelaire, un vrai Dieu

Nouvel extrait d'un article (à paraître) de Maurice Hénaud : Rimbaud : une anti-religion dont Baudelaire est le Dieu :

Note complétée le 6 septembre 2006.

N.B. Note erronée corrigée le 31 août 2006. Voir aussi notre autre note postérieure : Solde (de Rimbaud).  

(...)

Dans le brouillon de Délires II, Rimbaud condamne radicalement l'art, en ces termes :

"Je hais maintenant les élans mystiques et les bizarreries de style.

"Maintenant, je puis dire que l'art est une sottise. [les] Nos grands poètes est (?) aussi facile. L'art est une sottise."

Dans Solde, Rimbaud évoque l'élan qui porte le lecteur (celui du moins qui, à la suite du poète, a saisi les "trouvailles" et les "termes non soupçonnés") vers ce que les hommes ne voient pas et ne sentent pas :

"Elan insensé et infini aux splendeurs invisibles, aux délices insensibles". (cet élan est vendu par les "voyageurs")

N'est-ce pas un élan quelque peu semblable qui, dans la lettre dite du voyant, portait le poète à faire de Baudelaire - le premier qui a "inspecté l'invisible" (autrement dit "le premier voyant") - un vrai Dieu ?

(...)

Les élans mystiques de Rimbaud sont évidemment radicalement différents des "élans de passion" (ou élans du coeur) de Musset, poète subjectif et "quatorze fois exécrable", dont il est question dans la lettre dite du Voyant. Voir aussi la grande étude de Baudelaire sur Théophile Gautier (sur cette question, voir les ouvrages d'Alain Dumaine diffusés par notre revuette, ainsi que notre numéro L'émotion en poésie !

Cette note, je le répète, doit être complétée par notre autre note (pastérieure) : Solde

19:10 Publié dans Rimbaud | Lien permanent